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lundi 11 janvier 2010

Les vœux de l'Alliance Centriste : des accents barristes ?

Le parti de Jean Arthuis a présenté ses vœux il y a une semaine sur son blog par le biais d'un court texte et non pas comme au MoDem ou au Nouveau Centre par une vidéo (la mise en scène...). On aura tôt fait de les trouver insignifiants surtout après les envolées quasi messianiques de François Bayrou et la terrible mise en scène autour d'Hervé Morin (ou surannée, c'est selon). Pourtant, cette déclaration semble perpétuer une manière de communiquer quasi barriste...


Il y a toujours quelque chose de factice à trouver des points communs avec un homme politique aujourd'hui décédé (qu'est-ce que le barrisme sans Barre ?). Il n'empêche que la franche dureté du propos qui promet du sang, de la sueur et des larmes, ou presque, évoque, pour votre serviteur, le souvenir de la pré-campagne présidentielle de 1995, lorsque Raymond Barre se gaussait des promesses de création d'emplois de Jacques Chirac et Lionel Jospin, en affirmant qu'on ne pouvait pas sérieusement tenir ce genre d'engagements, la vie économique n'étant pas, par essence, ergodique. 


Ce n'était pas électoralement porteur, mais cela avait au moins des accents de vérité. Les trois partis centristes évoquent, ainsi, dans leur message de début d'année le problème de la dette, un seul annonce clairement la donne... tandis que le gouvernement se complaît dans l'idée que le retour de la croissance et des économies pourront rétablir les finances de l'État...

dimanche 1 novembre 2009

Echo d'Italie : Francesco Rutelli quitte le Parti Démocrate

Ce départ ne constitue pas en soi une surprise. L'ancien leader de la Margherita s'était déjà montré très critique sur l'évolution de son nouveau parti. L'élection de Bersani la semaine dernière l'a convaincu de quitter le navire.

Dans son entrevue au Corriere della Sera, il explique que le Parti Démocrate n'est pas véritablement né puisqu'en définitive, il s'agit d'un parti démocratique de gauche avec un nombre important de personnes de centre-gauche. Il évoque ainsi quatre arguments pour justifier son départ. Tout d'abord, il évoque trois conditions qui avaient été posées au moment de la dissolution de la Marguerite dans le PD : ne pas confluer dans le socialisme européen, rénover les rapports entre la classe politique et la société civile et offrir une proposition politique originale. Or, aucune de ces trois conditions n'a été respectée : le PD siège au sein du PSE au Parlement Européen, le PD a conservé les liens traditionnels de la gauche italienne avec la CGIL (l'équivalent de la CGT italienne) et le PD n'a pas été capable de proposer une synthèse originale. À ce propos Rutelli fait un constat sans appel sur la sociale-démocratie, norme idéologique objective de son ancien parti :

« Je ne rejette pas absolument la sociale-démocratie. En effet, si nous étions en 1982, je dirais que je l'admire. Mais nous sommes en 2009 : c'est une expérience historique qui n'a aucune chance de parler à nos contemporains. Il n'y a plus les usines, les syndicats et les structures sociales du XXe siècle. »

Ainsi, le PD n'est qu'une énième forme de la gauche italienne succédant « naturellement » au PCI, au PDS et aux DS.

Francesco Rutelli, qui a co-fondé le Parti Démocrate européen avec François Bayrou, annonce une force politique nouvelle, afin de s'opposer au populisme de droite, dont les partenaires privilégiés pourraient bien être les démocrates-chrétiens de l'UDC.

Comparaison n'est pas, toujours, raison, mais l'exemple italien devrait donner à réfléchir aux centristes français qui ne jurent que par une alliance à gauche pour mettre en échec le pouvoir sarkozyste.


mercredi 26 août 2009

Echo d'Italie : ici aussi le crapaud frit (ou presque)...

A ceux qui s'étonnent du titre de ce billet, on ne peut que conseiller la lecture de l'entrevue donnée par Francesco Rutelli en juillet dernier et qui faisait suite au ralliement du Parti Démocrate italien au PSE à Strasbourg.

[Un petit aparté à ce sujet. Les socialistes européens, toujours prêts à la boursouflure nominale, ont nommé leur groupe du doux nom d'Alliance progressiste des Socialistes et des Démocrates au Parlement Européen... sans doute que la première possibilité d'ASDE évoquée par Dario Franceschini s'avérait trop proche de l'ALDE, rempli de « sauvages néo-libéraux »... et accessoirement des six députés du Mouvement Démocrate... Or, APSDPE, ce n'est plus un sigle mais un cousin de la grippe porcine, du coup, ils n'ont rien trouvé de mieux que de le syncoper en S&D... heureusement qu'il y a l'esperluette, mais le moins que l'on puisse dire, est que l'initiative s'avère malheureuse... Amnésie ou inculture, dans les deux cas, on ne peut manquer d'être surpris.]

Selon Francesco Rutelli, le projet démocrate glisse vers une simple rénovation de la gauche, fut-elle réformiste, alors qu'initialement, il s'agissait de s'affranchir des clivages traditionnels, de proposer une voie nouvelle. On entend souvent dire que l'Italie est le laboratoire des idées politiques en Europe. Force est de constater qu'au-delà des Alpes, l'exemple italien rencontre un certain écho.

Si le discours de Marielle de Sarnez a constitué un catalyseur, ce billet nous trottait dans la tête depuis le mois dernier. Certes, depuis la campagne de 2007, le discours de François Bayrou a toujours proclamé la nécessaire convergence de personnes de droite et de gauche autour du projet démocrate pour sortir la France de l'ornière. Or, les derniers signes donnés par le Mouvement manifestent une certaine hémiplégie.

La campagne des Européennes a constitué une triste illustration de notre échec à jouer la carte de l'opposition systématique. La politique sarkozyenne n'aide pas à la nuance, il est vrai, mais en affirmant qu'il devait se montrer moins « batailleur », François Bayrou a lui-même reconnu cette impasse. Suite aux élections européennes, des municipales partielles ont eu lieu notamment à Hénin-Beaumont, Perpignan ou Aix-en-Provence. Chaque contexte est particulier, mais systématiquement, le Mouvement Démocrate a fait liste commune avec la gauche (PS, Verts, divers gauche selon des alchimies souvent originales), et ce dès le premier tour. Il ne s'agit pas de juger ici le bien-fondé de ces choix, mais de s'interroger sur le message qui a pu être localement reçu par l'électorat.

A Aix, la liste commune s'est faite sur les cendres encore chaudes du centre-gauche local incarné par la liste Pezet en 2008 (PS dissident et PRG), alors que, pour des observateurs extérieurs comme nous, elle représentait encore un partenaire souhaitable (1). Entre les deux tours, le ralliement de la liste divers droite (à l'anti-joissinisme irréprochable) n'a pas donné lieu à une fusion. Résultats : il y a un seul groupe d'opposition au Conseil Municipal pour le PS (le même qui refusait catégoriquement un an plus tôt de se mêler avec des centristes), le MoDem et les Verts. Le plus troublant dans l'échec local de cette stratégie est que le message officiel a été de se gargariser d'une alliance qui a fait vaciller l'UMP local. On aurait aussi pu remarquer que la liste Joissains n'avait pas atteint pareil score relatif lorsque le Centre restait indépendant, comme en 2008 (2).

Toutefois, des alliances à gauche ont déjà eu lieu par le passé et rien dans notre ADN centriste ne l'interdit... a ceci près que dans nos racines, il y a(vait) aussi l'indépendance, le fait que le MoDem était alternatif à un système obsolète. Ici, on ne perturbe pas le système, on obéit à sa logique : une majorité et une opposition. D'aucuns trouveront qu'il s'agit simplement d'une concession au principe de réalité (surtout après des échecs répétés), d'autres que certains ont entamé la route vers Canossa annoncée par Jean-Louis Bourlanges dès 2007. Les signes se sont multipliés à ce sujet. Le co-président de la Fédération locale a même affirmé en son temps que l'élection d'Aix n'était pas anodine pour l'avenir national du Mouvement, qu'il s'agissait d'une expérimentation (en vue d'une prochaine duplication ?). Dans le même temps, un Vice-Président local, appelle à l'élaboration d'un nouveau logiciel politique afin que tous les progressistes (oui oui, comme au Parlement Européen) se réunissent. There's something in the air...

La présence de Marielle de Sarnez à Marseille (et celle de Jean-Luc Bennahmias) ne constitue pas une surprise. Elle était annoncée de longue date (de l'utilité d'avoir un PS local royaliste). D'autres ont déjà abondamment glosé sur le virage complètement à gauche du MoDem ou au contraire sur un non-événement monté en épingle par les contempteurs de la cause orange. On se contentera donc ici de traiter du signe qui a pu être reçu.

Marielle de Sarnez incarne le Mouvement à peine moins que François Bayrou lui-même. Elle est sa plus proche collaboratrice, la fidèle parmi les fidèles... Sa parole a du poids. Aux minutes 5 et 7, elle évoque clairement un rapprochement sur les valeurs (par la communauté dans l'opposition au pouvoir sarkozyste) mais aussi tactique (pour faire triompher l'opposition, il ne faut pas aller les uns sans les autres). Elle le fait alors qu'elle est invitée par des socialistes qui désirent une alliance entre le MoDem et le PS (l'événement inverse aurait eu une toute autre signification). Il ne nous semble pas que le courant « L'espoir à gauche » ait annoncé sa volonté de sécession. La photographie qui a fait le tour de la presse et du web délivre un message évident : un communiste réformateur, deux socialistes (sociaux-démocrates ?), une radicale de gauche (façon Walwari), un écologiste et deux démocrates... En somme, une Unione à la française...

Si on ajoute à cela le discours de Jean-Luc Bennahmias qui affirme l'impossibilité d'une alliance avec la droite et que ces ateliers marquent le début d'un processus, on comprend que tous ces faits convergent. On peut se demander si, pour l'électorat, le Mouvement Démocrate se différencie encore du reste de l'opposition parlementaire.

Comme le crapaud dont on augmente progressivement la température du bain, la perspective du Mouvement Démocrate semble obliquer. D'un parti strictement indépendant, au centre de la vie politique, on s'achemine vers une nouvelle bipolarisation de l'échiquier politique français où, en consacrant l'éclatement définitif du Centre, le Mouvement Démocrate se rallie progressivement à un regroupement qui s'identifie à la gauche (faute d'avoir pu fédérer lui-même ?). Peut-être ses promoteurs ont-ils raison, mais si ce que l'on voit à l'œuvre depuis quelques mois relève bien d'un même processus, alors il ne s'agit plus du projet tel qu'il a été formulé en 2007.

(1) La liste conduite par le MoDem avait d'ailleurs fait tout son possible pour arriver, a minima, à une fusion avec cette liste.
(2) On peut aussi remarquer que dans les trois cas, ces listes gauche/MoDem ont échoué.

samedi 18 juillet 2009

Recomposition ou pulvérisation des Centres ? (3)

Avec du retard, troisième volet de cet état des lieux de la famille centriste en France (1) avec les centristes alignés sur les grands partis de gouvernement.

Le Nouveau Centre a obtenu 3 eurodéputés lors des dernières élections et voit donc son contingent tripler. Cependant où sont ses perspectives ? Nous nous souvenons du discours d'Hervé Morin avant les législatives de 2007, expliquant que le choix stratégique de François Bayrou condamnait ses idées. Grâce au PSLE, devenu rapidement Nouveau Centre, des idées portées par l'UDF apparaissaient dans la plate-forme commune UMP/NC. Il citait deux mesures phares : le « small business act » à la française et l'introduction d'une dose de proportionnelle dans la constitution. Il est vrai que, si les néo-centristes étaient parvenus à imposer ces réformes, ils auraient eu l'arme absolue pour montrer que les démocrates faisaient fausse route. Or, il n'en est rien. Le Nouveau Centre s'affiche comme un centre inutile. Il n'est décisif dans aucune assemblée. Malgré son puissant allié (et en dépit de ses nombreuses demandes, voire des récriminations outrées de François Sauvadet), il n'a aucune présidence de commission. Lorsqu'il essaie d'apporter une nuance centriste aux projets UMP, il reçoit systématiquement, ou presque, une fin de non recevoir. 

Un exemple précis où toute la famille centriste était réunie. A la fin de l'hiver dernier, Pierre Méhaignerie (centriste dans l'UMP) demandait une contribution exceptionnelle des plus hauts revenus, Charles de Courson et Nicolas Perruchot (NC) voulaient sortir la CSG et le CRDS du bouclier fiscal, Jean Arthuis (AC) proposait une refonte complète de la fiscalité qui passait par l'élimination de ce dispositif, tandis que François Bayrou réclamait sa suppression sèche... Résultat ? Rien a changé, que l'on soit dans l'UMP, allié de l'UMP, dans la majorité présidentielle ou dans l'opposition, tous les centristes étaient d'accord, mais ils ont été incapables d'infléchir la politique gouvernementale. Preuve, s'il en était besoin, du grand cas fait par l'UMP des idées centristes et de l'inutilité du centrisme (r)allié... (2)

Autre exemple, à la marge peut-être de notre sujet : le parti de Christine Boutin. Affirmer que le Parti Chrétien-Démocrate est centriste pose problème : il ne s'en réclame pas ouvertement (au profit de l'appellation droite sociale), mais la tradition chrétienne-démocrate, en France, s'est toujours positionnée plutôt au centre-droit... Et puis, Christine Boutin a fait partie de l'UDF confédérale et incarne ce courant fait à la fois de préoccupation sociale et de conservatisme qu'il est difficile de catégoriser précisément. Bref, le Forum des Républicains sociaux s'est transformé en Parti Chrétien Démocrate il y a quelques semaines. Sur la page d'accueil du site, on peut lire ceci en date du 20 juin :

« Je m’adresse ici à mon ami Xavier, notre Secrétaire Général, pour lui dire la confiance que j’ai dans son action de mobilisation, la joie que j’ai à participer au gouvernement de la France et l’espérance que m’apportent les chantiers mis en œuvre par notre Président Nicolas Sarkozy.

Mais je tiens aussi à lui passer quelques messages. Nous sommes fidèles, loyaux et deviendrons exigeants !
• il n’y a pas d’unité durable s’il n’y a pas de diversité assumée et visible. Le Parti Chrétien-Démocrate est associé à l’UMP, cela ne veut pas dire caché derrière l’UMP…
• il n’y a pas d’unité durable s’il n’y a pas de débat sur le fond. Chaque composante doit apporter à l’ensemble ce qu’elle porte de meilleur. Nous jouons carte sur table mais nous ne pouvons pas accepter de jouer dans l’espace enfant ;
• il n’y a pas d’unité durable s’il n’y a pas de reconnaissance et de succès partagé. Nous serons présents pour 2010, 2011 et 2012. Nous voulons participer aux combats, qu’il s’agisse de victoire ou de défaite… mais nous ne pouvons pas accepter de collectionner les suppléances ou de nourrir des espoirs pour la 3ème génération de nos petits-enfants. Dans les régions, nous participerons à la liste ou aux listes présentées par la droite et le centre. Nous aspirons à mener le combat dans certains départements, comme ce fut le cas aux européennes, mais nous souhaitons avoir demain des élus dans les nouveaux conseils régionaux. »

Le 29 juin, elle faisait part de son mécontentement après son « jetage »



Avant de refuser une mise au placard diplomatique. Le télescopage de ces déclarations est éclairant. Il ne s'agit pas ici de défendre les idées de Madame Boutin, ou son bilan au ministère du Logement, mais il s'agit d'un autre exemple du poids des anciens UDF ralliés. En cela, François Bayrou avait raison et n'a pas été démenti (notamment à partir de 5'30'').

On pourrait faire le même type d'observation à propos des radicaux de gauche, relégués au rang de supplétifs occasionnels du Parti socialiste.

Pour les centristes, la période est sombre. Le Mouvement Démocrate n'a pas réussi à percer au cours de ses deux dernières années, alors qu'il incarnait la volonté d'offrir une troisième voie cohérente et indépendante. Pour l'instant, les faits donnent raison à Jean-Louis Bourlanges. De plus, les échecs électoraux successifs semblent contribuer à un gauchissement du discours (voir le prochain billet) qui se traduit localement par des alliances répétées à gauche (Perpignan, Hénin-Beaumont ou Aix-en-Provence). A la rentrée, les instances nationales devraient accoucher d'une stratégie nationale « cohérente » pour les élections régionales. Elle sera révélatrice de l'ambition du Mouvement à demeurer original et indépendant. A la Marguerite, on espère éviter un syndrome à l'italienne.

Les alternatives ne sont pas légions. Le ralliement à l'UMP ne permet pas de défendre plus efficacement nos idées. C'est à partir de ces faits que l'initiative de Jean Arthuis peut être comprise. Cependant, existe-t-il encore un espace pour l'Alliance Centriste ? Réunir les centres constitue un beau programme, mais déjà le Nouveau Centre traîne les pieds. En somme, l'impasse stratégique ne vaut pas seulement pour le Mouvement Démocrate mais pour l'ensemble des Centres, aujourd'hui pulvérisés et incapables de se refonder.




(1) D'aucuns diront que le Mouvement Démocrate n'est pas centriste... peut-être dans le sens où il ne cherche pas à se positionner par rapport à la droite ou à la gauche (ce qui est sujet à caution), mais François Bayrou s'est lui-même réclamé du Centre (et ce dès le soir du 22 avril 2007) et les idées de l'humanisme démocratique ont toujours été portées par le Centre en France.

(2) Impossible en pareille occasion de ne pas rappeler l'avis de Raymond Barre à ce sujet : « Un parti monolithique du type UMP n'est pas souhaitable. On a pu le mesurer à travers les multiples péripéties de 2006, du CPE à l'affaire Clearstream en passant par la fusion Suez-GDF : les désaccords étaient flagrants au sein de l'UMP, mais tout le monde s'est couché. Je regrette que des hommes comme Pierre Méhaignerie soient passés à l'UMP ». in Raymond Barre, L'expérience du pouvoir, Fayard, 2007, p.237. A noter que les deux courants « centristes » de l'UMP (Démocrates et populaires et la Convention Démocrate) semblent avoir cessé d'exister et n'ont plus aucune vitrine sur l'Internet.

jeudi 2 juillet 2009

Recomposition ou pulvérisation des Centres ? (2)

Le week-end dernier a été occupé, au Centre, par la création d'un nouveau parti : l'Alliance Centriste. Ce nom, qui relève plus du souhait prospectif que du constat, désigne la conversion en parti politique de l'association « Rassembler les Centristes » fondée par Jean Arthuis il y a un peu plus d'un an.

Le positionnement du sénateur Arthuis s'avère complexe à appréhender. Son objectif est de constituer une « confédération centriste » sur le modèle de l'UDF de 1978 et ainsi de refonder le Centre affaibli par ses divisions successives. Soit. Pour cela, il affirme avoir noué des contacts avec des responsables du Parti Radical, du Nouveau Centre et des membres du MoDem (sic... nuance qui a son importance). Il affirme vouloir être indépendant tout en étant solidaire de la majorité présidentielle. Voilà pour le projet.

Pour les membres de la marguerite, Jean Arthuis est quelqu'un d'estimable et la lecture de ses analyses en matière économique souvent éclairante, quoique le centrisme arthuisien soit clairement libéral (ici, ce terme n'a pas valeur de récrimination). Il a suivi François Bayrou lors de la création du MoDem pour le quitter lors des municipales de 2008 : il souhaitait une stratégie claire d'alliance avec l'UMP. Même si ses critiques ont été dures à l'encontre du MoDem, il a eu le mérite de ne pas jouer de l'insulte ou de l'imprécation. C'est pour cela que l'hypothèse selon laquelle Jean Arthuis serait téléguidé seulement pour nuire à François Bayrou et réussir là où le Nouveau Centre a échoué ne nous paraît pas plausible. Le sénateur Arthuis nous semble sincère (autant que peut l'être un homme politique), ce qui ne signifie pas pour autant que nous partageons toutes ses analyses.

L'idée d'une confédération des centres est séduisante. Sans partager complètement l'enthousiasme du CREC, force est de constater que le Mouvement Démocrate n'a pas su, pour l'instant, s'imposer comme un mouvement de masse et que, peu ou prou, ses résultats sont ceux de feu le CDS. En outre, le chaos consécutif à sa création n'en a pas fait une instance où le débat est aisé. Le pluralisme a du mal à s'y exprimer sereinement. Or, la question de la forme du Mouvement s'est posée en 2007. Nous nous souvenons du discours de François Bayrou à Marseille en juillet 2007 expliquant son choix d'un mouvement unitaire. L'UDF de Giscard était traversée de tensions très fortes, il n'empêche que le lien souple d'une confédération avec des partis aux idées proches, quoique différentes, constitue une alternative à prendre en compte.

Les partis ciblés par le sénateur ont-ils des choses en commun ? Le Nouveau Centre est composé de personnes qui ont fait et soutenu le programme présidentiel de François Bayrou en 2007. Certes, ils se sont fourvoyés après, mais comme l'a prédit le président du MoDem en février 2008 : « nous nous retrouverons » (écoutez à partir de 4 minutes 40). Il en va de même avec la partie programmatique du discours d'Arthuis qui ne pose aucun problème de compatibilité avec celui du Mouvement :

Notre identité se décline en valeurs humanistes, libérales, sociales et européennes. Nous sommes adeptes du développement durable et de l’économie sociale de marché. La crise à laquelle nous devons faire face est une épreuve majeure pour la France, pour l’Europe et pour le monde. Pour la première fois, nous prenons conscience des défis que nous impose la globalisation : comment arrêter la machine à exacerber les inégalités monstrueuses et à briser la cohésion sociale ? comment freiner la combustion des ressources rares et stopper le réchauffement de la planète ? Comment mettre un terme à la cupidité prédatrice de l’hyper financiarisation et briser les dérives insupportables du capitalisme financier ? comment donner à l’Europe sa vocation régulatrice et protectrice en rassemblant des Etats encore accrochés à une souveraineté illusoire ? 
Cette crise n’est pas seulement mondiale, économique, financière et sociale. Elle est une crise de l’art de vivre ensemble et des dévoiements de la pratique démocratique. Comme si les arbitrages politiques, du fait de l’horizon « court-termiste » dicté par les échéances électorales, devaient aboutir systématiquement à des déficits de nos finances publiques, à un amoncellement de dettes et à des réponses teintées de démagogies. Les enjeux de pouvoirs, écrasés par la double tyrannie de l’immédiateté et de l’annonce médiatique, n’ont-ils pas altéré les exigences de vérité, de lucidité et de courage ? 


Il peut y avoir des nuances, mais, très honnêtement, qui pourrait être contre et se dire démocrate ? On se demanderait presque pourquoi il est apparu nécessaire au sénateur Arthuis de créer un nouveau parti... Quant au parti radical, ne connaissant qu'assez peu ses prises de position spécifiques, on peut lui donner quitus à ce sujet.

La différence, comme souvent, est stratégique. Tout au long de son discours, le président de la nouvelle Alliance Centriste balance entre deux écueils : l'indépendance (qui fait défaut au Nouveau Centre) et la solidarité avec la Majorité Présidentielle (alors que le MoDem est dans l'opposition). C'est là le noeud du problème, si ce projet est honnête. Le MoDem n'est pas miscible à la majorité et le Nouveau Centre ne peut pas réellement s'autonomiser. D'autre part, est-il possible d'être dans la majorité et réellement indépendant ? Rien n'est moins sûr, l'UMP, en bon RPR rebadgé qu'elle est, admet difficilement la dissonance en son sein. Un exemple avec l'ancien euro-député Thierry Cornillet. Il a suivi le même parcours qu'Arthuis mais a rejoint le Parti Radical. A-t-il démérité durant son mandat ? Sans doute non. Et pourtant, après l'échec de la piste Ferry pour la deuxième place dans la région Sud-Est, l'UMP a préféré l'accorder à Damien Abad, récemment parachuté du Sud-Ouest... Il y a là comme un signe.

Deuxième écueil : le positionnement par rapport à la droite. La droite modérée, telle qu'elle pouvait être incarnée autrefois par le Parti Républicain, n'existe plus. Le gaullisme non plus d'ailleurs. Du coup, l'UMP est un grand parti de droite libéral-conservateur. Dès lors, il est difficile d'être allié et indépendant. Il faut atteindre une certaine masse critique pour se poser en véritable interlocuteur. Or, le rapport de force n'est pas du tout en faveur du centre seul (y compris si on ajoute toutes ses diverses incarnations). Surtout, M. Arthuis feint d'oublier un élément essentiel : la droite ne veut pas d'un véritable centre (tout comme la gauche d'ailleurs). Depuis 1978, les gaullistes n'ont eu de cesse de vouloir phagocyter le Centre et la création de l'UMP en 2002 a bien failli y réussir. 

Troisième écueil : le chef. Jean Arthuis dénonce le bonapartisme du Mouvement (1). Plusieurs réflexions... Ce bonapartisme a été bien utile depuis 2002 pour faire subsister un centre indépendant en France. Sans François Bayrou, l'essentiel de la nouvelle UDF aurait été absorbée par l'UMP. Il n'y a qu'à voir ce que sont devenus les « centristes » de l'UMP pour se convaincre du bien fondé de ce choix. De plus, le sénateur oublie un peu trop vite que la première UDF était la créature de Valéry Giscard d'Estaing. Cette confédération a fonctionné tant que son leader a eu du poids. VGE quitte sa présidence en 1996, deux ans plus tard, Démocratie Libérale (l'ancien Parti Républicain) prend son indépendance et fait éclater la confédération. Aussi, même si le fonctionnement du MoDem n'est pas sans reproche (on a vu les méfaits d'une hyper-centralisation sur la personne du chef lors des dernières européennes), il n'y a pas de parti sans grand leader. Au centre comme ailleurs. Or, le seul a en avoir l'étoffe, c'est François Bayrou.

Il ne peut y avoir de Centre que s'il est réellement indépendant des deux autres bords. S'il s'aligne sur l'un d'eux, il est appelé à disparaître ou n'être qu'un parti croupion. L'initiative de Jean Arthuis a au moins un mérite : celui de proposer la réunion de tous les Centres.

(1) Si on voulait se montrer taquin, on pourrait remarquer que l'héritier de la Maison Bonaparte a rejoint le Mouvement Démocrate.

mardi 30 juin 2009

Recomposition ou pulvérisation des Centres ? (1)

Les élections européennes et la préparation des régionales de 2010 produisent leurs effets sur l'échiquier politique français. Le Centre (dans toutes ses diverses incarnations) n'y échappe pas. Pour ce premier billet, à tout seigneur, tout honneur, nous débuterons par le Mouvement Démocrate.

Des débats dans chaque fédération ont été convoqués, en préparation d'un Conseil National qui devrait tirer le bilan des Européennes. Personne de la Marguerite n'a pu se rendre à Marseille en temps et en heure pour le débat local... et le site de la Fédération reste muet. Il faut dire que les débats marseillais n'ont pas toujours été des modèles de sérénité et de dialogue constructif (les municipales de 2008 ont laissé plus encore ici qu'ailleurs des traces).

Récemment, Christophe Ginisty (Modem d'Issy-les Moulineaux) a lancé un groupe, répondant à l'ambitieux vocable de Promoteurs et a proposé un ensemble d'ajustement structurel au moyen d'une lettre ouverte. Outre l'intentionnalité de cette manoeuvre (sans doute très largement pro domo), on peut être assez circonspect devant une démarche qui pose en préalable le problème de l'organigramme avant celui des idées ou de la cohérence programmatique. Comme nous l'avions évoqué au lendemain du 7 juin, il faut d'abord affiner le projet démocrate (l'Hérétique a également développé cette idée), le clarifier. On n'ose imaginer le résultat de la nomination de porte-parole sans ce préalable.

A propos des régionales, François Bayrou a annoncé qu'une stratégie nationale serait adoptée et que les accointances locales ne pourraient pas justifier des acrobaties comme il y a pu en avoir lors des municipales. Certains réclament un positionnement clairement au centre-gauche... Outre la vacuité de cette appellation (quelles idées derrière le vocable « centre-gauche » ? un libéralisme de gauche ? Un socialisme light ?), on peut se demander où se situe la pertinence d'une telle proposition. A les lire, les tenants de cette ligne n'ont qu'un seul axe de réflexion : l'alliance à gauche. Or, comme le faisait remarquer Francesco Rutelli, les socialistes connaissent une crise sans précédent au niveau européen. La sociale-démocratie-libérale est à bout de souffle. Pourquoi abandonner l'originalité et la singularité du projet démocrate pour être phagocyté par la gauche ? Seule l'autonomie peut nous permettre d'éviter cet écueil. Il est d'ailleurs plaisant d'entendre aujourd'hui certains thuriféraires du « centre-gauche »... en se souvenant avec quelle morgue ils pourfendaient le centre-droit, les « anciens UDF » honnis, qui voulaient se ranger aux côtés de l'UMP. L'erreur est pourtant de même nature. Si nous sommes minoritaires, nous devons nous allier au second tour, mais cela ne peut se faire qu'avec des fondations programmatiques solides, une détermination positive et précise de ce que nous sommes, ce qui nous manque pour l'instant.

Cette offensive n'est en soi pas très étonnante. Il faut dire que les gaucho-centristes ont eu un os à ronger ces derniers jours avec la nomination de Michel Mercier au gouvernement. On a pu lire sur la toile quelques billets haineux stigmatisant les restes d'un passé révolu, contraire à la pureté du Mouvement Démocrate. Cela appelle plusieurs réflexions. Il faudrait déjà que nous, militants démocrates, arrêtions de jouer de l'anathème dans nos rangs. C'est un comportement sectaire qui ne nous honore pas. Il y a plus de deux ans déjà Jean-Louis Bourlanges dans sa lettre très tranchante de la revue Commentaires (lettre qui nous mettait en garde contre le syndrome du temple solaire). Il faudrait reconnaître à Michel Mercier une grande qualité : il n'a pas varié. Il a participé à la création du Mouvement, et même s'il a des divergences sur la stratégie à suivre, il l'a exprimé honnêtement. Il a démissionné de la présidence du MoDem Rhôdanien en 2008, il s'est seulement mis en congé du mouvement et surtout il n'a pas craché dans la soupe contrairement à beaucoup d'autres. Toutefois, ces remarques ne signifient pas nécessairement qu'il a raison. Il s'est affiché comme « un centriste d'origine démocrate-chrétienne ». Pourra-t-il faire entendre sa différence au sein d'un gouvernement qui n'est ni modéré, ni humaniste et dans un ministère aux moyens semble-t-il limité (notamment administrativement) ? Rien n'est moins sûr.




lundi 20 avril 2009

Symbole de solidarité

Fréquenter les sites des différents partis européens du Centre peut s'avérer très instructif. En Italie, cette famille politique est diversement représentée. Outre le Parti démocrate, il existe une formation plutôt de centre-droit, d'inspiration démocrate-chrétienne, l'Union de Centre (Unione di Centro).

Il y a deux semaines son secrétaire général, Lorenzo Cesa, proposait une baisse de 10 % du traitement des parlementaires italiens afin de lutter contre la crise. Au premier abord, on se dit que ce n'est qu'une mesurette, un acte cosmétique destiné à se donner bonne conscience, au pire une idée assez populiste visant à s'en prendre aux politiques qui s'engraissent alors que le bon peuple souffre de la crise... ce qui pourrait avoir un certain écho en France après la hausse du traitement du plus haut personnage de l'Etat. 

Mais, réflexion faite, si la portée économique ou financière d'une telle mesure paraît faible, du point de vue symbolique, les choses s'inversent. La majorité ne cesse d'affirmer que cette crise est la plus terrible depuis 1929. Dont acte, ne serait-il pas alors nécessaire que notre classe politique montre sa solidarité avec l'ensemble de la communauté nationale ? Qu'elle prouve qu'il n'y a pas de hiatus entre la nation et ses représentants, ce qui est, pour le coup, un lieu commun des extrêmes ? 

Quand bien même réduire le traitement des parlementaires et des ministres ne dégagerait qu'une somme réduite, cela constituerait un bel exemple de solidarité qui pourrait alimenter des bourses pour aider des PME innovantes, aider à la création d'entreprises, soutenir des associations d'entraides... A l'heure du tout communication, de la dictature du paraître et des promesses lénifiantes, cette mesure n'est peut-être pas si saugrenue. Dommage qu'elle n'ait rencontré que si peu d'écho...




vendredi 17 avril 2009

Décès de René Monory : une leçon de centrisme

L'ancien président du Sénat (1992-1998), René Monory est mort samedi dernier. La toile regorge déjà de nécrologies flatteuses et précises pour celui qui était une figure du centrisme en France. Ce billet n'a donc pas pour objectif d'en rajouter une autre, moins bonne.

En revanche, son décès donne l'occasion de se replonger dans son court ouvrage Des clés pour le futur paru en 1995 aux Editions du Futuroscope. Au-delà des poncifs de la communication politique, il est tout à fait remarquable de noter que ces « clés » s'ouvrent par une évocation du développement chinois et du basculement à venir de l'économie mondiale vers l'Asie. Il ne s'agit pas de faire rétrospectivement de René Monory un prophète ou un visionnaire. Mais, on peut saluer sa hauteur de vue :

« Si loin que porte ma vue, par la fenêtre de cet hôtel à tant d'étages, la ville s'étend, sans fin. Les gratte-ciel alternent avec d'étranges entrepôts aux murs sales et gris. Le ciel est chargé d'un brouillard dense. Ce ne sont pas les nuages mais l'excès de pollution. Parcourir ces rues en voiture relève de l'exploit. Et pourtant, comme des rivières houleuses, les avenues charrient mille et un véhicules bigarrés, des piétons encombrés de ballots incroyables et tout ce que la vie, qui jamais ne quitta ce port symbolique, peut imaginer de roulant, cahotant, traversant. Tel est ce mythe éternel, carrefour des carrefours, porte de la mer de Chine, vantail ouvert aux eaux du Sud : Shangai. » (1)

Pour ceux qui estiment que les centristes n'ont découvert les problématiques environnementales qu'en 2007, les pages suivantes apportent un cinglant démenti :

« Jean-Pierre Fourcade, président de la Commission des affaires sociales du sénat, interroge [le président de la Commission des affaires économiques et financières de l'Assemblée Nationale populaire de Chine] à brûle-pourpoint : « Mais quels sont au juste les besoins de la Chine en énergie ? » Liu Shiunian marque un temps d'arrêt : « 15 000 mégawatts de plus chaque année. Mais nous pouvons extraire chaque année 1,2 milliard de tonnes de charbon, et ainsi satisfaire nos besoins avec l'apport du nucléaire. » Un chiffre à donner le tournis, derrière lequel se profilent des chaînes de montagnes noires, des millions de mètres cubes de gaz délétères : une pollution supérieure à celle que produisent l'ensemble des industries américaines !

J'ai soudain l'impression de voir se déchirer un peu plus la couche d'ozone. Pendant qu'en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande, des centaines de chercheurs l'auscultent fébrilement, en observant les moindres mouvements, en Asie, chaque jour, on lui porte des coups fatals. La réglementation de l'usage des aérosols de chloroflurocarbone (CFC) fait figure d'avancée importante dans la protection de notre environnement ; elle est en réalité bien faible au regard de cette pollution au quotidien ! On estime qu'en 2010, la Chine consommera plus de pétrole que les Etéats-Unis. Combien de temps pourrons-nous voir se développer ce risque ? Pour les générations à venir, n'est-ce pas le véritable enjeu ? Un jour très proche, parce que l'urgence est là, il faudra bien trouver le moyen d'un développement propre et convaincre tous les pays qu'il ne s'obtient pas à n'importe quel prix ». (2)

Certes, le réchauffement planétaire a supplanté les craintes relatives à la couche d'ozone, le développement durable n'est pas explicitement évoqué en tant que tel (l'idée par contre est bien là), mais ces propos ont conservé quatorze ans après toute leur actualité.

Ironie du sort, l'éviction de René Monory par Christian Poncelet orchestrée par la droite et les gaullistes (trop contents de voir disparaître la bastion centriste du plateau) eut pour prétexte l'âge du créateur du Futuroscope. Il est vrai qu'avec cinq ans de moins et soixante-dix printemps, Christian Poncelet incarnait le renouveau... Preuve s'il en était besoin qu'on a les prétextes que l'on peut.

Les Clés s'achèvent par une profession de foi humaniste qu'aucun militant démocrate ne pourrait renier :

« Nous pouvons faire naître de nouvelles espérances pourvu que nous acceptions d'ouvrir les yeux et sachions mesurer les immenses possibilités qui s'offrent. Cette société qui s'ouvre est d'abord faite pour l'homme. C'est nous qui en posons les fondations, et nous pouvons la faire avec lui... ou contre lui ». (3)

Cette relecture prouve l'inanité des procès en imposture faits par certains hommes politiques à l'encontre du Mouvement Démocrate... Il n'y a pas de solution de continuité entre les (anciens) principes directeurs du Centre et ceux de notre parti.

Quant à ceux qui ne jurent que par la vassalisation du Centre par la droite, je les laisse méditer la dernière phrase d'un article de Jean-Baptiste de Montvalon paru dans Le Monde en 1998 lors de la défaite de René Monory :

« Lui qui se vante de n'avoir jamais perdu une élection n'a pas vu venir cet ennemi-là, principal allié, jamais nommé à visage découvert, de ses hypocrites adversaires. »

Décidément l'indépendance et l'humanisme font bel et bien partie de l'héritage de notre famille politique.


Toutes les citations sont tirés de l'ouvrage de René Monory, Des Clés pour le futur paru en 1995 aux éditions du Futuroscope. Respectivement (1) p.11, (2) pp.17-18, (3) p.154.