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samedi 6 février 2010

Rions (un peu) avec les écologistes du MoDem 13

La consultation des adhérents démocrates sur les têtes de liste départementales a concrétisé une de mes suppositions : Christophe Madrolle sera le numéro deux dans les Bouches-du-Rhône. Je n'ai aucun mérite : c'est l'achèvement d'un processus à l'œuvre depuis 2007.

Je regrette de ne pas avoir sauvegardé une coupure de la Provence autrefois sur e-soutiens. Dès le lendemain du premier tour des présidentielles, Christophe Madrolle annonçait son ralliement avec Bennahmias à condition de vider Jacques Rocca-Serra, le président de la fédération UDF. Force est de constater que les anciens Verts ont plutôt bien réussi leur nettoyage par le vide. En prenant le contrôle de la Fédération, ils ont trusté les places éligibles et en dépit de leurs scores souvent en dessous de la moyenne démocrate, ils ont conservé leurs places de conseillers municipaux, de conseillers communautaires, d'eurodéputé et maintenant ils ne leur restent plus qu'à achever le grand chelem en demeurant conseillers régionaux.

Le plus étonnant dans cette affaire est la conjonction d'une grande habileté manœuvrière à une communication pour le moins chaotique. Ainsi à propos des très mauvais sondages pour le MoDem (personnellement, je n'épiloguerais pas dessus, d'autres l'ont déjà bien fait et il me paraît toujours difficile de tirer des conclusions à partir de ce qui demeure une approximation) notre cher député européen, Jean-Luc Bennahmias, s'est fendu d'un mail « réconfortant » :

Et puisque un sondage en chasse un autre...

Autant prendre celui le plus satisfaisant pour le Mouvement Démocrate!

( Sondage CSA Présidentielle 2012 réalisé pour Marianne et rendu public jeudi 04 février)

Et oui braves sympathisants démocrates : tout n'est pas perdu, François Bayrou est donné à 10 ou 12 % en 2012. Alors que le président du mouvement affiche son indifférence (traditionnelle), le co-président du MoDem 13 excipe ce chiffre. Pour ma part, le mystère réside dans le caractère « satisfaisant » de cette enquête d'opinion. Quel crédit (à charge ou à décharge) peut-on accorder à un sondage deux ans avant une échéance électorale ? De plus, on nous explique parfois que l'électorat MoDem et l'électorat Bayrou sont deux choses différentes. Si l'on en croit ce sondage, le second aussi se vide de sa substance (plus d'un tiers disparu dans la nature). Bref, quel est donc ce réconfort qui consiste à nous dire que le président du Mouvement Démocrate continue à chuter dans les sondages, qu'il fera un score qui ne lui permettra pas de se maintenir au second tour des présidentielles ? Je cherche encore ce qu'il y a de satisfaisant là-dedans.

Deuxième balourdise : une madrollade. Après son vibrant appel pour la constitution d'une majorité sociale-démocrate moderne en PACA, le délégué départemental et national nous a donné son sentiment sur la mise en congé du sénateur About. Il ne s'agit pas pour moi de trouver louable la stratégie du sénateur des Yvelines (comme écrit ailleurs, je trouve curieux ce cheminement du PS à l'UMP), mais de saisir le paradoxe entre le concept madrollien de l'autonomie suspensive et les leçons d'indépendance qu'il croit pouvoir donner. Jugez plutôt par vous-même :

Dans la Provence du 12 janvier 2010 :

Délégué national et directeur de la campagne en Paca, Christophe Madrolle va plus loin. "Il n'est pas imaginable que Michel Vauzelle écarte le MoDem. Ce serait une erreur historique de ne pas construire une majorité social-démocrate moderne."

Dans le Figaro du 25 janvier 2010 :

Délégué national du MoDem et numéro deux sur la liste Paca, Christophe Madrolle se montre plus sévère. « Certains préfèrent un strapontin bien chaud au sein de l'UMP ou du PS quand d'autres veulent porter bien haut les couleurs humanistes, démocratiques et écologistes. Nicolas About a fait le premier choix, je ne peux que le regretter », dit-il.

Voilà où se niche l'éthique démocrate ici bas : on va à la soupe... mais au second tour !

jeudi 14 janvier 2010

Catherine Levraud, tête de liste choisie par le MoDem en PACA

Suite logique du retrait de François-Xavier de Peretti, Catherine Levraud vient d'être désignée tête de liste pour les régionales de mars prochain, elle était déjà pressentie pour être numéro 2. J'avais déjà fait part de mes regrets quant au renoncement du leader centriste aixois, mais là, il me semble qu'on touche le fond. Dire que le MoDem 13 fonce dans le mur relève de l'euphémisme.


Résumons : les dernières municipales n'ont pas été brillantes dans les Bouches-du-Rhône. Si on considère les têtes de liste officiellement investies par le Mouvement Démocrate, les scores avoisinaient plutôt les 6 %, en dehors du cas particulier d'Aix-en-Provence (mais la liste Génération Aix était une liste de rassemblement). Dans quelques cas, le parti de François Bayrou s'est même retrouvé sous la ligne de flottaison comme à Martigues, à Marseille Nord (Mohammed Laqhila, Saïd Ahamada) et dans la bonne ville d'Arles, où la liste démocrate était conduite par... Catherine Levraud.


Surtout, le MoDem réédite la si efficace stratégie des européennes : un ancien vert très marqué pour conduire la bataille. En juin 2009, Jean-Luc Bennahmias avait réalisé le pire score de France métropolitaine avec 7,5 %, et encore il le devait plutôt aux résultats de Rhône-Alpes (généralement au-dessus de 8 %) qu'à ceux de son territoire d'origine – les Bouches-du-Rhône – où il n'a fait que 6 %... Visiblement, ce n'est pas du côté d'Arles que les démocrates trouveront un réservoir de voix, d'autant qu'ils n'auront que deux mois pour faire campagne et faire connaître leur tête de liste.


Je ne connais Catherine Levraud que par ouï-dire (aussi je ne m'étendrais pas trop) mais dans ses clips de campagne, il y a deux ans, elle ne dégageait pas un charisme débordant et sa notoriété ne dépasse guère sa ville.


Enfin, en tant qu'élue verte, elle fait partie de la majorité sortante de Michel Vauzelle. Du coup, la carte du renouvellement de l'offre politique (façon Dolium) ne pourra pas être jouée. Les partisans de la majorité socialiste préfèreront leur liste. L'électorat écologiste (si tant est qu'il existe vraiment) aura déjà le choix avec Europe Écologie, qui bénéficiera de son succès aux européennes et de sa tête de liste médiatique, et l'Alliance écologiste indépendante. Quant à l'électorat centriste... il ne lui reste plus qu'à faire passer l'annonce suivante : électeur centriste cherche désespérément un bulletin de vote pour mars prochain.


La Provence affirme que le Mouvement Démocrate s'interroge sur le numéro deux de la liste... Ils n'ont qu'à mettre Christophe Madrolle, au moins il n'y aura pas tromperie sur la marchandise. En fait de démocrate, la liste orange ne sera qu'une énième liste pseudo-écologiste prompte à se rallier à Michel Vauzelle au deuxième tour.

mardi 22 décembre 2009

Un seul être vous manque...

La nouvelle n'a pas fait beaucoup de bruit, pourtant elle me semble lourde de conséquences. François-Xavier de Peretti a retiré sa candidature pour la tête de liste du Mouvement Démocrate en région PACA.

Cela constitue une drôle de surprise, ou plutôt un drôle d'éclaircissement. J'étais étonné que son nom n'ait pas fait partie des têtes de listes proposées début décembre alors que la chose paraissait entendue depuis bien longtemps. Déjà, lors des élections internes de septembre 2008, la rumeur courrait à propos de cette candidature. François-Xavier de Peretti avait (selon moi) l'expérience, le charisme et la notoriété pour mener ce combat électoral. Sauf à prendre un parfait inconnu comme Alain Dolium, l'éventail des possibles n'était, de toute manière, pas très large pour conduire pareille campagne mais peut-être fais-je preuve de bucco-rhodano-centrisme.

Contre toute attente, le leader du MoDem aixois s'est retiré. Or, pour l'avoir un peu côtoyé, il ne m'a jamais semblé faire face à quelqu'un de stupide ou de lâche, bien au contraire. Je vois donc dans ce refus une énième forme du délitement du MoDem, la raison invoquée - se tenir prêt au cas où l'élection municipale aixoise serait une fois de plus invalidée - ne me paraissant pas suffisante. A trois mois des échéances électorales, le parti de François Bayrou se cherche désespérément une tête de liste crédible. Même si j'ai quitté ce mouvement, cette nouvelle n'a rien de réjouissant...

L'électorat centriste se retrouve orphelin en PACA. Même si je n'ai pas compris ses choix depuis l'été dernier, François-Xavier de Peretti incarnait la filiation UDF du Mouvement démocrate. Il est douteux que l'Alliance centriste parvienne, moins d'un an après sa création, à monter des listes partout en France et le Nouveau Centre figurera sur celle du très à droite Mariani. Et ce ne sont pas les noms de Christophe Madrolle ou de Childéric Muller qui vont déchaîner mon enthousiasme...

jeudi 17 septembre 2009

La communication du MoDem 13 – Mieux vaut moins mais mieux...

À quelques jours d'intervalle, la présidence collégiale du MoDem13 s'est signalée par une communication que d'aucuns pourraient trouver, au moins, discutable.

Première sensation curieuse à la lecture du communiqué de presse tombé dans ma boîte mail lundi dernier(1). Voici :

Hortefeux, le ministre de la honte

Le MoDem des Bouches du Rhône dénonce fermement les propos racistes tenus par le ministre Brice Hortefeux. Nulle personne de bonne foi ne peut sincèrement croire aux explications alambiquées du ministre. M. Hortefeux a démontré, s’il en était besoin, qu’il n’avait rien à envier au Front National et que le racisme ordinaire est bien ancré dans l’esprit de ceux qui nous dirigent aujourd'hui. Nous rappelons que les propos racistes sont un délit dans notre pays 

   Le MoDem n’oublie pas que Marseille a été aussi libérée par des français venus d’Afrique qui ont versés leur sang pour que nous puissions aujourd'hui vivre libre et nous exprimer…..au risque de se voir salir par un  ministre de la république.


Saïd Ahamada

Vice président et porte parole du MoDem des Bouches du Rhône


Après avoir appris que la présidence collégiale avait été considérablement élargie (pourtant, il y avait déjà sept personnes...), on découvre que la fédération des Bouches-du-Rhône a un porte-parole. C'est toujours une bonne chose de se structurer, quoique...

La gestion du temps s'avère désastreuse. Oui, les propos du ministre sont navrants, mais tout le monde l'a déjà dit (en dehors de la droite UMPiste) et ce communiqué n'apporte rien (2). Le nouveau porte-parole se paie même le luxe d'ajouter une balourdise supplémentaire en évoquant la libération de Marseille en 1944... Ces faits changent-ils la nature des propos de Brice Hortefeux ? Et quand bien même Marseille aurait été libérée par les seuls Américains en 1944, cela absoudrait-il le ministre de l'Intérieur ? Non. On aurait pu, par contre, mettre en avant le facteur aggravant de la communication de crise de la place Beauvau. En plus des propos tenus, on a pris les électeurs pour des idiots en affirmant qu'il parlait des photographies ou des auvergnats. Cela rappelle presque un sketch des Inconnus. Interdit de rire...


Deuxième sensation curieuse aujourd'hui avec la déclaration du co-président et du délégué départemental du MoDem 13 (exit le porte-parole) à propos de la phrase de Jean-Claude Dassier sur sa présidence à l'OM qui ne sera ni « à la libanaise, ni à l'africaine ».

« Après les propos de Brice Hortefeux, ceux de Jean-Claude Dassier sont complètement déplacés et insultants pour Pape Diouf. Nous tenons à rappeler que Marseille est une ville multiculturelle, d'accueil, de solidarité et d'espérance ».

Peut-être y avait-il une intention malveillante de la part de Jean-Claude Dassier, mais il y a fort à parier, en l'occurrence, que cela concerne avant tout une rivalité d'ordre personnel. Et puis surtout, la déclaration n'est pas si absurde en soi. Le contraste entre la présidence libanaise, constitutionnellement faible et les présidences africaines, assez peu souvent démocratiques (voire autoritaires), paraît signifiant. Certes, cette déclaration, dans un contexte sans doute tendu (ce qui expliquerait la fuite), est malheureuse, mais fallait-il politiser cette affaire ? Le fait que Marseille soit « une ville multiculturelle » change-t-il quoique ce soit au fait qu'en dehors des pays comme le Ghana, l'Afrique du Sud ou le Sénégal, les états africains relèvent rarement de la démocratie libérale et pluraliste ? Les marseillais, quelle que soit leur origine, le savent.  

La communication constitue une dimension obligée de l'action politique, mais encore faut-il le faire à bon escient. Entre suivisme et politiquement correct éculé, on cherche la pertinence et surtout l'originalité de ces dernières déclarations.

(1) À ce propos, malgré la date qui figure aujourd'hui sur le site de la Fédération (le 12 septembre), le communiqué n'y figurait pas lundi dernier, 14 septembre...

(2) Sauf erreur de ma part, le site national n'a pas jugé bon de faire apparaître de communiqué spécifique à ce sujet.