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jeudi 25 mars 2010

La tragédie achevée (2) - Tout va très bien, le MoDem est centriste

Observer les stratégies du Mouvement Démocrate après la déroute avait quelque chose de fascinant. Déni des réalités, amnésie sélective et recherche du bouc émissaire. De remise en cause réelle et profonde, il n'y en aura point comme après les européennes. François Bayrou ne s'est pas honoré par sa déclaration sur la vérité qui demeure même si elle est minoritaire. Quand on est démocrate, il faut entendre ce que disent les urnes et saisir la nuance entre la minorité et l'insignifiance...

Première conséquence de ces élections : Corinne Lepage a officiellement démissionné et quitté le Mouvement. La curée a été immédiate puisque pas moins de trois vice-présidents (Jean-Marie Vanlerenberghe, Jacqueline Gourault et ce très cher JLB trop content de s'arroger le monopole du discours écologiste du MoDem) se fendaient de déclarations diverses pour dénoncer la félonie de la présidente de CAP21, tout juste venue au MoDem pour récupérer un siège. Il y a quelque chose d'indigne dans ce traitement. En Italie, l'UDC a dû faire face au départ de son chef de file aux européennes, Magdi Cristiano Allam, quelques mois avant les prochaines régionales. La déclaration de Pier Ferdinando Casini avait autrement plus d'élégance.

Au MoDem, pour un départ de cette importance, on a diligenté des porte-flingues faire le sale boulot, porter le discrédit sur une figure qui a incarné le parti et la traîner dans la boue. Dans ce mouvement aussi centré sur la personne de son président (omniprésent durant la campagne alors qu'il n'était pas candidat), François Bayrou est resté silencieux. Je l'ai connu plus modéré et plus soucieux de préserver l'avenir. Il ne s'agit pas, ici, de faire de la démissionnaire une colombe vertueuse. La création de Terre Démocrate, selon le même chemin qui a conduit à la formation de CAP21, indiquait clairement quelle était son optique. Corinne Lepage a sans doute trop attendu pour clarifier les choses, ce qui n'a pas peu contribué à donner une mauvaise image de sa formation tantôt candidate avec Europe Écologie, tantôt avec le MoDem lorsque l'alternative n'était pas possible. Cependant, les dissensions avec CAP21 ne sont pas neuves. Dès son congrès de 2008, de nombreuses voix se sont élevées pour mettre un terme au partenariat. C'est Corinne Lepage qui a maintenu l'unité, alors qu'elle aurait très bien pu obtenir une place éligible chez Cohn-Bendit. Il n'y a pas donc pas que du calcul bassement politicien dans le comportement de l'ancienne ministre.

Deuxième conséquence. Ce départ ouvre une nouvelle piste de réflexion : à quoi la création du MoDem a-t-elle bien pu servir ? Initialement, l'UDF avait été jugée trop à droite (en oubliant un peu rapidement le congrès de Lyon), trop marquée par son histoire pour accueillir efficacement les nouveaux militants. Sans CAP21, que reste-t-il des nouveaux venus si ce n'est quelques anciens cadres verts en rupture de ban ? Fallait-il faire un nouveau parti pour cela ? Surtout quand on voit leurs résultats.

En effet, le déni devant certaines réalités interroge la lucidité de ceux qui appartiennent au Mouvement. Quelle région a enregistré pour la deuxième fois consécutive le plus faible score métropolitain du MoDem ? Provence-Alpes-Côte d'Azur. Lors des Européennes, Jean-Luc Bennahmias ne faisait dans la région sud-est que 7,5 %, 6 % dans les Bouches-du-Rhône, signe de l'excellence de son implantation. Son amie (et ancienne verte qui n'a rejoint le MoDem que pour les élections municipales de 2008) Catherine Levraud a réalisé 2,5 % le 14 mars. On pourrait ajouter le cas de Yann Werlhing qui réussi un tour de force en ne faisant que 4 % dans la région la plus centriste et la plus écologiste de France (pour un écologiste dans un parti « centriste », rien que de très normal). Or, personne n'a soulevé la nullité des scores des membres d'Écologie et Démocratie. C'est à peine si on a remarqué que les « meilleurs » scores (Bretagne, Basse-Normandie, Aquitaine) avaient été réalisés par d'anciens UDF dans des secteurs où l'électorat centriste traditionnel était plus fort. La réciproque s'avérait pourtant évidente.

Le cas de PACA mérite que l'on s'y attarde. Si on étudie les déclarations post-déroute (dans la Provence du 15 mars 2010), on est confondu devant la langue de bois employée (est-ce cela faire de la politiquement autrement ?) :

« Je n'ai eu que deux mois pour me faire connaître, ce qui est difficile quand on est un parti jeune et qu'on a pas assez de réseau. Il faut du temps et nous en avons manqué ». (Catherine Levraud)

La candidate explique que son manque de notoriété est en cause. Cela aurait du sens si son score dans la ville où elle a été conseillère municipale de 2001 à 2008 et candidate à la mairie en 2008 n'était pas aussi faible : 2 %. De même la jeunesse du parti a de quoi faire sourire. Il ne serait pas aussi jeune dans les Bouches-du-Rhône, si certains ne s'étaient pas évertués à détruire tout ce qui existait pour prendre le contrôle de la fédération. En outre, l'argument ne tient pas : l'AEI ou la Ligue du Sud qui sont encore plus jeunes ont fait aussi bien. Enfin, où est la cohérence à invoquer la brièveté de la campagne lorsque JLB ne cesse de ressasser que la décision se fera dans les trois dernières semaines (cf. Lettre du Démocrate n°23 : « Il reste trois semaines de campagne, les électeurs n'ont pas encore fait leur choix, à nous d'être performants ») ?

« Ce fut tout de même une belle campagne » (Christophe Madrolle)

Y aurait-il une faille dans le raisonnement ? Si tout devait se faire dans les trois dernières semaines et que le MoDem a fait une belle campagne, comment expliquer ce résultat désastreux dans une région dirigée par un UDF jusqu'en 1995 ? Je n'ai suivi que de loin la campagne MoDem, mais à Marignane (le MoDem avait fait 6 % lors des dernières municipales avec de tous petits moyens), elle s'est limitée à un seul tractage sur un marché par quatre personnes (la candidate marignanaise, sa fille et deux autres personnes). Il a fallu attendre le jeudi précédent le scrutin pour que les panneaux électoraux arborent les affiches oranges. Si on ajoute à cela la lumineuse idée de faire un pique-nique à Marseille début mars (il faisait froid et il pleuvait ce jour-là), on peut en effet parler d'une "belle" campagne... On lit souvent dans la blogosphère MoDem des propos très rudes à l'encontre des anciens UDF. Force est de constater que les anciens Verts ne font guère mieux, sinon pire.

Enfin, troisième conséquence : le retour du centre. L'amnésie sélective a trouvé un porte-parole : Robert Rochefort. L'homme m'est sympathique et j'ai souvent trouvé son discours intelligent. Mais sa tribune dans le Monde laisse par moment songeur. A-t-il oublié ce qui s'est passé depuis 2007 ? Comment peut-on écrire comme si de rien n'était « Eh bien nous sommes au centre, et nous y restons. » L'article de François Bayrou expliquait déjà en 2007 que le mot même de centre « consacre en même temps d'une certaine manière la prééminence de cette logique droite-gauche » [Commentaire n°119, p.721] avec laquelle il voulait rompre [voir le commentaire de Thierry P. qui cite le discours de Villepinte]. Durant toute la période où j'ai été militant actif du MoDem, on m'a expliqué (notamment JLB) que le centre, c'était fini. Que le Mouvement était alternatif, que le centre, c'était la droite. Que le MoDem dépassait les clivages en étant simplement démocrate. Dans la presse, les mêmes ont affirmé que les seuls partenaires du parti orange était à gauche. Soudainement Robert Rochefort redécouvre le goût du PS pour « l'accroissement de la fiscalité et le centralisme étatique ». N'a-t-il pas entendu le discours de Marielle à Marseille ? Ou plutôt, serait-ce que la vice-présidente du MoDem aurait mesuré l'étendue de son erreur estivale ?

Cette palinodie semble, en effet, avoir été décidée en haut lieu puisque Marielle de Sarnez elle-même dans un texte publié le 24 mars affirme la nécessité d'un « centre authentique ». Après avoir refusé le terme de centre, parler d'arc central, de centre progressiste, de centre humaniste, voilà le centre authentique. Après tout, de mon point de vue, cela dénote une évolution dans le bon sens, mais cette prise de conscience apparaît bien tardive. Il en a fallu du temps pour comprendre que « l’alliance rouge/rose/verte s’est reconstituée ». Cela en dit long sur le pertinence du rassemblement de Peillon que certains soutiennent encore (plus pour longtemps ?).

Les électeurs provenant de la gauche sont partis depuis 2007, CAP 21 n'est plus que virtuellement une structure associée, en dehors de Bennahmias, le MoDem n'a rien apporté de neuf par rapport à l'UDF, au contraire, la cohérence doctrinale de l'ensemble a reculé et l'image est devenue calamiteuse au fil des revirements, des défaites . S'il est, maintenant, au centre, ce n'est pas l'invocation systématique et creuse à un prétendu humanisme qui pourra lui donner un contenu valide, surtout dans un contexte d'atomisation de cette famille politique qui s'est globalement traduit par sa disparition électorale. 

Le MoDem est, peut-être, au Centre, faute de mieux, mais le Centre a, pour l'instant, disparu.


mardi 9 février 2010

Le MoDem ou la voiture balai pour les déçus de la gauche plurielle

La déliquescence progressive de Mouvement Démocrate ne m'enchante pas. Avec lui, c'est l'idée même d'une troisième voie en France qui s'étiole. Quoique, dans certains cas, on peut se demander si, en fait de troisième voie, le projet de certains n'est pas de constituer une arche de Noé des déçus de la gauche plurielle.

Ainsi, alors que la litanie des départs et autres démissions n'en finit plus, certains blogs et même la lettre du démocrate se gargarisent de quelques ralliements. Or, si on creuse un peu, il n'y a pas de quoi se réjouir.  

Dans la lettre démocrate n°19, on annonce ainsi une double arrivée :  


Samy Kéfi-Jérome et Henri Ségard ont rejoint le Mouvement Démocrate
Le responsable fédéral du PS de Haute-Loire, Samy Kéfi-Jérome, et le 1er vice-président de la communauté urbaine de Lille, Henri Ségard, ont rejoint leMouvement Démocrate.

Un petit tour par la presse régionale permet d'éclairer cette soudaine attractivité démocrate. Pour le premier, qui n'était en fait que secrétaire fédéral à l'animation militante, on apprend que « la liste régionale du PS était faite depuis la fin mai 2009 dans un simulacre de démocratie ». Ce qui après passage à l'anti-langue de bois signifie : je n'ai pas eu la place que je voulais. [modification du 20-02 : il semblerait que cette histoire soit encore plus complexe d'après le quatrième commentaire de ce billet par Gilles Rossary Lenglet]

Le second a un parcours plus acrobatique. D'abord élu sur une liste UMP (sic), il est devenu par la suite vice-président de la communauté urbaine de Lille sous la direction de Martine Aubry (sans doute avons-nous affaire à un gaulliste social...) ? Pourquoi ne pas figurer sur le liste PS alors (quand on collabore avec la patronne du PS, on a des manches) ? « J'aurai pu rester en retrait. Mais à 53 ans, quand on a envie de contribuer au débat, il ne faut pas rester sur le banc de touche ». Visiblement, le PS n'a pas daigné l'appeler pour constituer sa liste. Heureusement, le MoDem est là.

Enfin, la région PACA. La lettre démocrate n°18 annonçait le départ de Nadine Péris du PS pour rejoindre la liste MoDem (pas le parti en lui-même... on veut bien une place mais on ne va quand même pas filer 20 € à Bayrou). Le communiqué est un modèle du genre. On quitte le PS à cause des querelles intestines (une tare inconnue au Mouvement démocrate) et face à l'amicale pression de ses amis, on décide de tourner casaque, mais attention, ce n'est pas par opportunisme (pensez-vous), on a toujours fait de la politique au-delà des clivages et en plus on est social-démocrate... ce qui en langage madrollien signifie socialiste-compatible. Voilà pour l'habillage. Une courte recherche dans la presse régionale permet de déchirer un peu le voile. En fait, le PS ne lui réservait qu'une dixième place non-éligible sur sa liste vauclusienne. 21 jours plus tard, on se découvre social-démocrate et numéro deux sur la liste orange. Après tout, elle a fait partie, comme la chef de file démocrate, de la majorité sortante pendant 6 ans...

Hier enfin, Cyril Di Méo annonçait (avant même l'annonce officielle) qu'il était dixième sur la liste MoDem dans les Bouches-du-Rhône. Ce n'est que cet homme politique ne soit pas de qualité et il est parfois rafraichissant de lire ses analyses contre la décroissance sur son blog. Mais il s'est toujours posé comme un homme de gauche. Lorsqu'il a quitté les Verts, il a même participé à la création d'une association intitulée GAGE (Gauche Écologiste – Génération Aix). Étant donné ses rapports conflictuels avec ses anciens camarades (il n'a pu participer aux dernières municipales grâce à leurs amicales pressions), on peut aisément conjecturer que son téléphone n'a guère sonné. Ainsi, il est le troisième ancien vert (non-encarté MoDem celui-là) dans les dix premiers. Je suppose que les têtes de la Fédération n'ont pas dû s'arrêter en si bons chemins.

Réunir au-delà des clivages traditionnels constituait l'ADN du MoDem. Mais ici, à deux mois des échéances électorales, on a des ralliements de dernière minute, opportunistes ou bien de personnes dont l'engagement démocrate pose sérieusement question. En fait de rassemblement, le MoDem se mue en voiture balai des déçus des listes de gauche.

jeudi 14 janvier 2010

Catherine Levraud, tête de liste choisie par le MoDem en PACA

Suite logique du retrait de François-Xavier de Peretti, Catherine Levraud vient d'être désignée tête de liste pour les régionales de mars prochain, elle était déjà pressentie pour être numéro 2. J'avais déjà fait part de mes regrets quant au renoncement du leader centriste aixois, mais là, il me semble qu'on touche le fond. Dire que le MoDem 13 fonce dans le mur relève de l'euphémisme.


Résumons : les dernières municipales n'ont pas été brillantes dans les Bouches-du-Rhône. Si on considère les têtes de liste officiellement investies par le Mouvement Démocrate, les scores avoisinaient plutôt les 6 %, en dehors du cas particulier d'Aix-en-Provence (mais la liste Génération Aix était une liste de rassemblement). Dans quelques cas, le parti de François Bayrou s'est même retrouvé sous la ligne de flottaison comme à Martigues, à Marseille Nord (Mohammed Laqhila, Saïd Ahamada) et dans la bonne ville d'Arles, où la liste démocrate était conduite par... Catherine Levraud.


Surtout, le MoDem réédite la si efficace stratégie des européennes : un ancien vert très marqué pour conduire la bataille. En juin 2009, Jean-Luc Bennahmias avait réalisé le pire score de France métropolitaine avec 7,5 %, et encore il le devait plutôt aux résultats de Rhône-Alpes (généralement au-dessus de 8 %) qu'à ceux de son territoire d'origine – les Bouches-du-Rhône – où il n'a fait que 6 %... Visiblement, ce n'est pas du côté d'Arles que les démocrates trouveront un réservoir de voix, d'autant qu'ils n'auront que deux mois pour faire campagne et faire connaître leur tête de liste.


Je ne connais Catherine Levraud que par ouï-dire (aussi je ne m'étendrais pas trop) mais dans ses clips de campagne, il y a deux ans, elle ne dégageait pas un charisme débordant et sa notoriété ne dépasse guère sa ville.


Enfin, en tant qu'élue verte, elle fait partie de la majorité sortante de Michel Vauzelle. Du coup, la carte du renouvellement de l'offre politique (façon Dolium) ne pourra pas être jouée. Les partisans de la majorité socialiste préfèreront leur liste. L'électorat écologiste (si tant est qu'il existe vraiment) aura déjà le choix avec Europe Écologie, qui bénéficiera de son succès aux européennes et de sa tête de liste médiatique, et l'Alliance écologiste indépendante. Quant à l'électorat centriste... il ne lui reste plus qu'à faire passer l'annonce suivante : électeur centriste cherche désespérément un bulletin de vote pour mars prochain.


La Provence affirme que le Mouvement Démocrate s'interroge sur le numéro deux de la liste... Ils n'ont qu'à mettre Christophe Madrolle, au moins il n'y aura pas tromperie sur la marchandise. En fait de démocrate, la liste orange ne sera qu'une énième liste pseudo-écologiste prompte à se rallier à Michel Vauzelle au deuxième tour.

mardi 22 décembre 2009

Un seul être vous manque...

La nouvelle n'a pas fait beaucoup de bruit, pourtant elle me semble lourde de conséquences. François-Xavier de Peretti a retiré sa candidature pour la tête de liste du Mouvement Démocrate en région PACA.

Cela constitue une drôle de surprise, ou plutôt un drôle d'éclaircissement. J'étais étonné que son nom n'ait pas fait partie des têtes de listes proposées début décembre alors que la chose paraissait entendue depuis bien longtemps. Déjà, lors des élections internes de septembre 2008, la rumeur courrait à propos de cette candidature. François-Xavier de Peretti avait (selon moi) l'expérience, le charisme et la notoriété pour mener ce combat électoral. Sauf à prendre un parfait inconnu comme Alain Dolium, l'éventail des possibles n'était, de toute manière, pas très large pour conduire pareille campagne mais peut-être fais-je preuve de bucco-rhodano-centrisme.

Contre toute attente, le leader du MoDem aixois s'est retiré. Or, pour l'avoir un peu côtoyé, il ne m'a jamais semblé faire face à quelqu'un de stupide ou de lâche, bien au contraire. Je vois donc dans ce refus une énième forme du délitement du MoDem, la raison invoquée - se tenir prêt au cas où l'élection municipale aixoise serait une fois de plus invalidée - ne me paraissant pas suffisante. A trois mois des échéances électorales, le parti de François Bayrou se cherche désespérément une tête de liste crédible. Même si j'ai quitté ce mouvement, cette nouvelle n'a rien de réjouissant...

L'électorat centriste se retrouve orphelin en PACA. Même si je n'ai pas compris ses choix depuis l'été dernier, François-Xavier de Peretti incarnait la filiation UDF du Mouvement démocrate. Il est douteux que l'Alliance centriste parvienne, moins d'un an après sa création, à monter des listes partout en France et le Nouveau Centre figurera sur celle du très à droite Mariani. Et ce ne sont pas les noms de Christophe Madrolle ou de Childéric Muller qui vont déchaîner mon enthousiasme...